J’ai accompagné et j’accompagne au quotidien pas mal de monde. Je suis moi-même bien entendu aussi allé régulièrement chez divers thérapeutes. Je ne souhaite pas définir le terme de thérapeute de manière technique car il existe tellement de possibilités: Du chamane, au sophrologue, à l’hypnothérapeute en passant par le Reiki, l’astrologie, ... La technique ici ne m’intéresse guère…

Au delà de la technique…

Ce qui me touche davantage et qui va avoir un impact profond va correspondre à la posture du thérapeute. Derrière le masque de thérapeute emprunté le temps d’une séance, il y a toujours un homme ou une femme, tout simplement. Son parcours intérieur particulier fera d’elle ou de lui un accompagnant, une source momentanée où le souffrant s’abreuve pour rebondir. Alors il est vrai que ce masque prend parfois des contours reluisants, exaspérants, rend certains invincibles, arrogants, ou au contraire aimants, inspirants et compatissants. Porter ce masque, celui du thérapeute, est une réelle responsabilité, souvent, la vie peut basculer si les ingrédients sont réunis le temps d’une séance. Si l’attitude est juste, il peut se “passer quelque chose”, au-delà de la technique, au-delà même des mots, au-delà de la compréhension humaine.

SI j’estime important d’écrire ce postulat, c’est que je croise encore bien trop de thérapeutes usant, abusant de la position qui est leur le temps d’une séance, pour ressentir une forme de pouvoir, de supériorité. Car oui, la personne souffrante a eu le courage de dire qu’elle a besoin d’aide, c’est déjà suffisant pour se sentir au dessus?

Quelle est la posture juste alors? Je n’ai aucune information révolutionnaire à vous transmettre: Amour, simplicité, compassion (qui est sensée grandir en exerçant) et une compréhension de la vie, dans le non-jugement le plus total.

Photo by  Dane Deaner  on  Unsplash

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Alors être thérapeute ça veut dire quoi?

Ce n’est évidemment que mon regard, mais pour moi être thérapeute représente une main tendue, un pas qu’on a su faire un peu avant autrui et c’est lui faciliter l’expérience qu’il est en train de vivre. Ce n’est pas lui confisquer son expérience au risque qu’il en perde un apprentissage important et un moyen pour grandir. Accompagner, c’est aimer l’autre parce qu’on y voit la vie se battre, se débattre, s’ouvrir, s’accoucher d’elle-même, dans les larmes, les rires, les sourires complices et les silences.

Porter quelques instants le vêtement du thérapeute équivaut à regarder l’autre dans les yeux. Ce n’est pas de se placer comme un savant en distillant son savoir en vertical (“je sais, je suis en haut, je t’enseigne, tu écoutes, tu es en bas”), mais bel et bien dans un partage horizontal, de coeur à coeur.

Amis souffrants, si vous sentez que la séance sert davantage le thérapeute qui est heureux de pratiquer plus que de vous accompagner, changer d’air.